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Projet "Le vieil havre"

Publié le

Bonjour à toutes et à tous.

Je vous en avais déjà dit quelques mots dans le billet publié sur le blog le 23 octobre 2025 et j’y reviens aujourd’hui. Je me suis attelé à un projet de roman dont le sujet est à la fois passionnant, enthousiasmant et ô combien difficile : Faire revivre le vieil havre, ce hameau de pêcheurs présent sur la rive de la crique de Grâce avant la création du port du Havre, ce « havre proche du rivage de la mer » qu’une charte de 1311 signée de la main de Philippe le Bel donnait à ses habitants l'autorisation d'implanter des fonts baptismaux dans leur modeste chapelle dédiée à Notre-Dame de Grâce pour y baptiser les nouveaux nés et d'établir un cimetière autour de la dite chapelle pour pouvoir y inhumer les défunts, ceci afin de préserver les habitants de ce hameau des dangers que représentait la traversée de la fosse de Leure pour se rendre au village voisin duquel ils dépendaient, en toutes saisons et par tous les temps.

De l’existence de ce village de pêcheurs et de ses habitants, il ne reste guère de traces, hormis cette charte de Philippe le Bel et quelques témoignages recueillis lors de l’enquête diligentée en 1532 par François Ier quand il décida d’indemniser le seigneur de Graville du préjudice que lui avait fait subir la décision qu’il avait prise de rattacher le port et la ville du Havre au domaine royal.

Pourtant, ce furent bel et bien des êtres humains, des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes et des moins jeunes, dotés de la pensée et de la parole, avec leur lot de joies et de peines, de catastrophes, de déconvenues et de détresses, leurs espérances et leurs désillusions, accrochés par vents et marées à ce perrey de galets, de sable et de tourbe, mince bande de terre séparant la crique de Grâce et l’estuaire du fleuve, réfugiés dans leurs précaires masures de misère, dévoués à leur misérable chapelle de bois et de paille, la première à porter le vocable de Notre-Dame de Grâce.

Restituer leur existence, leur présence, leur âme, leur redonner une place dans l’Histoire, faire réentendre leurs voix, est un projet qui me tient vraiment à cœur, et l’idée de le traduire dans un roman me trottinait dans la tête depuis un petit moment.

Après avoir longtemps hésité, tâtonné, réfléchi, j’ai fini par me lancer dans l’aventure. J’avoue que l’exercice est plutôt difficile et que je n’en suis qu’aux balbutiements, aux approximations. Je passe encore beaucoup de temps à faire des recherches sur l’époque (milieu du XVe siècle), son contexte, ses particularités, et j’avance trop lentement à mon goût dans l’écriture. Mais, peu à peu, le projet prend forme et, en dépit de longs moments de doute, je ne désespère pas d’en voir le bout un jour ou l’autre…

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