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Auteur Amateur

Publié le

C’est à l’école primaire que naquit chez moi, par je ne sais quel cheminement, le goût prononcé pour la lecture. Tous les ans, lors de la remise des prix (vieille tradition tombée depuis en désuétude), nous recevions des livres. Comme j’étais plutôt bien classé, ceci dit sans immodestie aucune, j’avais la chance d’avoir plus de choix que mes petits camarades. C’était là un privilège qui, à l’époque, ne choquait personne et dont je mesure aujourd’hui le caractère injuste et discriminant. Enfin, bref, c’est ainsi que j’ai découvert les livres des bibliothèques verte et Rouge et Or, et les romans de René Guillot (Prince de la Jungle, Shrimp le corsaire), de Robert Louis Stevenson (L’île au trésor), de Hector Malo (Sans famille), de Louis Desnoyers (Les aventures de Robert Robert) et tant d’autres encore.

Cette passion pour la lecture ne tarda pas à en éveiller une autre, celle de l’écriture.

Mes premières petites histoires, c’est donc sur les bancs de l’école primaire que je les commis. Mes récits d’alors étaient bien entendu ceux d’un jeune de mon âge, avec plus de défauts que de qualités, très superficiels, simplement rédigés sur des cahiers d’écolier. Rien de vraiment enclin à soulever l’enthousiasme des foules, on s’en doute bien. Du reste, ils n’étaient guère originaux puisque très fortement inspirées par mes lectures de cette époque. Ces premiers récits, simplistes et inaboutis, comme je l’ai dit, racontaient les aventures de preux chevaliers prompts à défendre la veuve et l’orphelin, de shérifs aux colts vengeurs et de bagarres de saloons, d’héroïques explorateurs de l’espace à la découverte de planètes lointaines

Adolescent, je m’étais inventé une petite bande de joyeux copains, toujours prêts genre scouts, détectives en herbe, qui passaient leurs loisirs à résoudre les énigmes qui fleurissaient comme par magie sur leur chemin. Le club des cinq, le clan des sept et les six compagnons étaient passés par là et, en ce qui me concerne, la bande de copains avaient opté pour le nom de « Clan des Castors ». Plus tard, jeune adulte, boosté par la lecture des romans de Pierre Pelot et son héros Dylan Stark, et la BD « Lieutenant Blueberry », je me risquais à commettre un western. « La longue chevauchée de Travis Tosada » racontait l’histoire d’un jeune métis (Comme Dylan Stark, ben, oui, je n’ai rien inventé) à la recherche de ses racines indiennes. Aujourd’hui, avec le recul, je suis bien conscient que c’était pour le moins très faible, très superficiel, nullissime même, ni fait, ni à faire. Je souffrais encore de cette maladie qui a nom « Vouloir avoir fini avant d’avoir commencé » dont j’ai souffert des années durant.

C’est dans les années 1990 que j’ai commencé à écrire un peu plus sérieusement. En 1993, subjugué par les lecture et relectures du roman de David Severn « La cité des Nombres » et un séjour en famille dans un grand parc d’attraction qui venait d’ouvrir ses portes, j’écrivis sous la forme d’un feuilleton destiné essentiellement à mon fils, « Escale en 1993 », l’histoire d’un groupe d’ados qui vont aider des voyageurs spatio-temporels que le vaisseau défaillant a immobilisé à notre époque à regagner la leur. Toujours dans le domaine de la science-fiction, c’est le fan d’Isaac Asimov, de sa série « Fondation » et de son « Cycle des Robots » que j’étais devenu qui m’a fait commettre « Retour sur Terminus », un roman qui voit les humains du XXe siècle se lancer dans un grand space movie qui va leur permettre de retrouver les vestiges de l’ancienne civilisation née sous la plume d’Asimov.

C’est également au cours de cette décennie 90 que ma « carrière » d’auteur amateur va prendre un tournant décisif. Ancien élève de Jean Legoy à l’école Jules Ferry de Sanvic (Banlieue aujourd’hui rattachée au Havre), je ne pouvais manquer de me procurer et de lire ses ouvrages consacrés à l’Histoire du Havre, notamment « Le peuple du Havre et son Histoire ». Dans les pages de cet ouvrage consacrées à la période révolutionnaire de 1789, il se trouve cette séquence qui, d’emblée, n’a cessé de m’intriguer et de me fasciner : Cette incroyable similitude entre les évènements parisiens de juillet 1789 (Soulèvement populaire et prise de la Bastille le 14 juillet) et leur réplique havraise (Émeutes de subsistance et prise de la tour François Ier le 15 juillet), alors que la nouvelle du soulèvement parisien n’est parvenue au Havre que par la diligence du 16 juillet. C’est cette singularité, à propos de laquelle on ne peut s’empêcher de s’interroger, qui m’a servi de prétexte pour donner corps à mon premier « vrai » roman « Les Émeutiers du Grand Quay » dont la première mouture fut couchée sur le papier en une année environ avant d’être plus tard « informatisée », sur disquette dans un premier temps, sur un disque dur par la suite.

C’est tout naturellement qu’à cette occasion, mes passions pour l’Histoire en général, les civilisations de l’Antiquité, du Moyen Âge, des Civilisations précolombiennes, l’Histoire de la Normandie et du Havre éveillèrent en moi une forte inclinaison pour l’écriture de romans historiques. C’est ainsi qu’à peine achevé le premier roman, j’attaquais le deuxième. Ce fut « La cité ancrée dans les nuages », le récit fictionnel des derniers soubresauts de la résistance inca face aux conquistadores espagnols.

D’autres ouvrages suivirent dans les années suivantes sur le thème de l’Histoire du Havre (« L’intrigant Monsieur Durand », « L’énigme Jean-Louis Roch Mistral », « Le havre aux Huguenots ») et de l’Histoire du duché de Normandie (« Le secret du bocage »), ainsi qu’une série de nouvelles dont la toile de fond est constituée par un monde apocalyptique (« Town Tower »). Toutes ces histoires exigèrent, pour le petit auteur amateur que je suis, des années de « travail » en écriture, relecture, corrections, modifications Des chapitres entiers furent reconstruits, parfois même totalement réécrits, l’un de ces romans fut entièrement recomposé de A à Z Quand on aime, on ne compte pas son temps.

Durant de longues années, je n’ai écrit que pour le plaisir. D’exercer ma passion pour l’écriture. De jouer avec les mots, les verbes, les phrases. Pour ma seule satisfaction personnelle. Le fait que les Éditions Complicités, à qui j’avais envoyé le tapuscrit des « Émeutiers du Grand Quay » avec un très faible espoir mêlé d’appréhension et de doute, m’ait répondu favorablement en me proposant un contrat d’édition ne change rien à ma situation d’auteur amateur, à mon envie d’écrire pour le plaisir d’écrire, de marier la grande Histoire avec un grand H avec la petite tout droit issue de mon imagination. J’y trouve toujours autant de satisfaction et d’amusement, toujours autant d’intérêt et de passion pour les recherches absolument nécessaires pour écrire ce genre d’ouvrages. Je suis et j’entends rester un auteur amateur

« Les Émeutiers du Grand Quay » a été publié en septembre 2022. « La cité ancrée dans les nuages » en mai 2024. « L’intrigant Monsieur Durand » en août 2025. Mille mercis et immense reconnaissance aux Éditions Complicités et tout particulièrement à Monsieur Olivier Petot


 

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