Interview littéraire 1ère partie
En novembre 2024, je m’étais laissé prendre au jeu d’une interview littéraire que m’avait proposé Naomi Titov pour qu’il soit publié sur son blog ( https://www.naomititov.com ). Mon deuxième roman historique, « La cité ancrée dans les nuages », venait d’être publié. Afin de vous permettre, si cela vous intéresse, de mieux connaître ce qu’on pourrait appeler mon « univers d’auteur », je vous propose de découvrir ci-dessous un premier extrait de cet interview littéraire auquel j’avais répondu en m’efforçant de jouer le jeu :
1. Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Quelle en est l'inspiration principale et quel message souhaitez-vous transmettrez-vous à vos lecteurs/lectrices ?
« La cité ancrée dans les nuages » est un roman historique qui m’a été inspiré par l’Histoire de Tupac Amaru, (« Serpent Argenté » en Quechua), le dernier souverain inca. Comment ne pas s’émouvoir devant le combat désespéré de ce jeune Inca, tout juste sorti de l’adolescence, qui refusa de courber l'échine sous le joug espagnol et ralluma le flambeau de la révolte contre les conquistadores, redonnant une once d’espoir à son peuple rêvant de voir renaître l’empire de leurs aïeux. Très vite, j’eus l’envie de raconter, par le biais d’une fiction, le bref mais intense combat de ce jeune empereur en quête de son royaume perdu.
Revisitant le panthéon inca, la mythologie, les légendes, les mœurs et les coutumes de cette civilisation aujourd’hui disparue, alliant la magie des Andes et les mystères de cet ancien empire, le roman raconte les aventures d’un Castillan fraîchement débarqué au Pérou. Il se trouve entraîné par une jeune indienne à qui il a porté secours jusqu’à une cité érigée sur le sommet d’une montagne où se sont retranchés les derniers rebelles refusant de se soumettre à la domination des conquistadores. Seul européen dans cette citadelle inconnue, ultime refuge des opposants à l’hégémonie espagnole, en proie à la suspicion des prêtres du Soleil et à l’hostilité de leurs partisans, tourmenté par les sentiments qu’il éprouve pour la jeune indienne à qui il est venu en aide, écartelé entre deux mondes que tout oppose, le jeune homme va se trouver emporté dans un tourbillon de violence et de haine. Tantôt spectateur, tantôt acteur, il assistera aux derniers instants de la révolte du peuple des Andes.
2. Comment décririez-vous votre processus d'écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes spécifiques lorsque vous écrivez ?
Je suis friand de ces pages d’Histoire ignorées ou méconnues qui se révèlent au fil de mes lectures, de mes recherches, d’une information, au hasard de mes découvertes. À partir de ces petits morceaux d’Histoire, j’essaie d’imaginer comment le parcours de personnages fictifs pourrait s’inscrire dans la trame historique de ces événements. Bien évidemment, ne pas trahir l’Histoire avec un grand H est primordial. C’est une question de crédibilité et de respect. Ensuite, il y a de longues recherches dans ma documentation personnelle, sur Internet (Service des Archives, BNF-gallica ou autres) pour retrouver ou vérifier un détail, recueillir le maximum d’infos sur un événement, sur une localité, un bâtiment, un monument, une particularité, un personnage historique, pour recouper toutes les informations.
Ensuite, en cours d’écriture ou lorsque l’ouvrage est achevé, de longues relectures, corrections, recompositions font partie d’un processus qui s’inscrit le plus souvent sur plusieurs années. Il m’arrive de réécrire parfois des paragraphes entiers, voir intégralement un roman achevé, jusqu’à ce que je sois globalement satisfait du résultat obtenu.
3. Quelle est la partie la plus difficile de l'écriture pour vous, et comment la surmontez-vous ?
Vaste question ! Tout, serais-je tenté de répondre. Mais, tout particulièrement, je butte systématiquement sur la description des personnages et sur les dialogues. Pour tenter d’y palier, je les réécris, je les peaufine au gré de mes inspirations et j’y reviens tant que je ne suis pas satisfait du résultat. C’est un exercice que je redoute plus que tout autre et j’avoue ne jamais être vraiment satisfait du rendu final. Et ça peut me prendre vraiment beaucoup de temps.
4. Comment développez-vous vos personnages ? Y a-t-il des éléments de votre propre vie que vous incorporez dans vos personnages ?
J’essaie de les intégrer du mieux possible dans la trame de l’Histoire et dans le contexte de l’époque dans laquelle se situe l’action du roman, de leur donner du mieux possible une personnalité, un vécu et une épaisseur qui les mettent en relief et les rendent « lisibles » pour le lecteur. Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est assurément pas mon point fort et, si j’incorpore des éléments de ma propre vie dans mes personnages, c’est, je l’affirme, indépendant de ma volonté. Toutefois, il est peut-être inévitable qu’on y mette un peu de nous-même, c’est ce qui se dit souvent.
5. Avez-vous une routine de recherche particulière pour vos livres, surtout s’ils sont historiques ou nécessitent des connaissances spécifiques ?
Mes lectures, ma bibliothèque personnelle, les bibliothèques et médiathèques locales, les recherches dans les archives, sur l’internet, la vérification et le recoupement des informations… Il n’y a pas de règle, tout dépend de ce que je recherche.
6. Comment gérez-vous les critiques de vos œuvres, qu’elles soient positives ou négatives ?
Jusqu’à présent, toutes les remontées qui me sont parvenues sont positives. Et je dis souvent que les lectrices et les lecteurs qui n’ont pas aimé se sont abstenus de tout commentaire. C’est une boutade, bien sûr, mais je le répète à chaque fois que le sujet s’invite dans la conversation : « Toutes les critiques, positives et négatives, sont les bienvenues. C’est grâce à elles que l’on s’améliore ».
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